Le vieillissement de la population française met à jour un double enjeu, sociétal et économique, auquel doivent faire face les collectivités territoriales avec le manque de places en instituts spécialisés et le coût de la mise en institution. En effet, aujourd'hui en France, sur les 11 millions de personnes âgées de plus de 65 ans, 1,1 million ont plus de 85 ans (1,6 million en 2010(1)).
Une partie de ces personnes connaît des troubles liés à l'âge(2). Dans ce contexte, les collectivités territoriales, et tout particulièrement les départements dans le cadre de leur mission d'action sociale, se doivent de répondre au mieux aux attentes et aux besoins des personnes âgées et de leur entourage, en explorant des voies plus innovantes, porteuses d'avenir, dans le domaine de l'aide au maintien à domicile.
Ainsi, ce dispositif global de services d'aide au maintien à domicile, devrait contribuer à différer l'entrée dans un établissement de soins ou hospitalier, et ce d'autant plus, que les places en structures d'hébergement sont insuffisantes.
« Grâce au succès du Plan haut débit pour tous qui fait que la quasi totalité de Français a accès à l'ADSL, il est possible aujourd'hui d'offrir de nombreux services innovants destinés à faciliter la vie de tous. L'expérimentation, en première nationale de "Autonomie services" est une illustration de l'apport des nouvelles technologies pour le bien-être de nos concitoyens. Pouvoir vivre à son domicile le plus longtemps possible et en toute sécurité est l'une des attentes fortes des personnes âgées et de leur famille » confie Bruno Janet, conseiller du président de France Télécom et directeur des relations avec les collectivités locales.
« Il y a une volonté de vivre le plus longtemps à domicile. Il faut donc mettre en place les services nécessaires, avant d'envisager un placement en institution », indique de son côté Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d'Ille-et-Vilaine en présentant l'opération lancée vendredi dernier.
Cette expérience -en test pendant six mois en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes d'Armor- concerne 34 personnes âgées : 16 d'entre elles résident en Ille-et-Vilaine, 18 en Côtes d'Armor ainsi que leurs proches, indique un communiqué de France Télécom, qui ajoute que « le dispositif global de services mis à leur disposition permet de faire de la prévention, d'accroître leur sécurité, de maintenir le lien social ou de rompre l'isolement ».
Concrètement, ce dispositif repose sur un système d’alerte manuel ou automatique et sur un visiophone permettant de joindre en « permanence », en cas de besoin, un centre de téléassistance, un proche, les services d'urgences ou ceux de la mairie... « Je serai plus tranquille, et les enfants aussi », indique un octogénaire victime d’une récente crise d’anémie et qui participe à l’opération depuis sa maison de Pleurtuit (Ille-et-Vilaine). Il peut, le cas échéant, déclencher une alerte grâce à une téléalarme qu’il porte autour du cou mais aussi répondre lorsqu'on cherche à le joindre.
Le système est également complété par une plateforme permettant de prioriser automatiquement les appels en fonction de la nature de l'alerte et d'un cahier de liaison électronique mis à disposition des acteurs médico-sociaux.
Si les résultats de cette période d’essai s’avèrent concluant, le service pourrait être étendu à toute la France pour un coût d’une cinquantaine d’euros par mois.
(1) Source : Insee
(2) Ainsi, 800 000 personnes seraient en perte d'autonomie (elles seront 1.2 million personnes dépendantes en 2040).